L’apparition des premières colonies de vacances est datée à la fin du 19e siècle (1880), période lors de laquelle l’école devient laïque et obligatoire. Une époque où l’enfant commence à ne plus être considéré comme un « petit adulte », ni un futur travailleur en devenir, mais plutôt comme un futur citoyen à éduquer qu’il faut instruire et protéger. Avec l’arrivée de l’école, survient l’idée de vacances, de temps libre à occuper et un peu plus tard la notion ou l’idée de loisirs apparait.
Les toutes premières colonies de vacances avaient un objectif plutôt sanitaire, elles avaient pour but d’accueillir des enfants issus des villes et quartiers pollués et insalubres. Des enfants provenant de familles défavorisées, à la santé fragile, qui avaient besoin de prendre l’air et de se « remplumer » par l’expérience de la vie au grand air et des activités à la campagne. Des médecins et infirmières faisaient partie des équipes d’encadrement, l’objectif étant de les faire revenir de vacances en meilleure santé.



La première façon de mettre les enfants en « vacances » était de les envoyer un peu partout, disséminés dans des familles à la campagne, notamment en Suisse où cela était plutôt courant. Puis au début du 20e siècle, en France, est apparue l’idée de les regrouper ensemble dans des centres afin de leur permettre d’apprendre à vivre en collectivité et de développer leur autonomie, en plus d’assurer et d’améliorer leur santé physique.
Au cours de la première moitié du 20e siècles, les colonies ont été organisées avec des objectifs différents selon l’organisme à l’initiative du projet. Certaines privilégiaient l’instruction, elles devaient être des prolongements de l’école, tandis que d’autres étaient à caractères religieux pour contrer la laïcisation de l’école. Des mouvements politiques ont également organisé leurs camps de vacances avec pour objectif de transmettre des valeurs de coopération et leur idée de la démocratie. Ainsi de nombreux enfants partiront dans de multiples types de camps de vacances.
Face à l’essor des colonies de vacances, peu avant les années 40, l’Etat dirigé par le Front Populaire a décidé de mettre les mineurs sous sa protection et de fixer un cadre réglementaire aux colos. La notion de projet éducatif fait son apparition.



Les vingt années suivantes, notamment après la seconde guerre mondiale, vont voir naître de nombreux mouvements issus de l’éducation populaire, soucieux de l’émancipation sociale des enfants et des adolescents. Et la formation des encadrants les « moniteurs et monitrices » de colos va voir le jour. Le BAFA, Brevet d’Aptitude aux Fonction d’Animation, a pris ce nom à partir de 1973.
Les années 50-60 ont été « l’âge d’or » des colos qui se sont se démocratisées amplement en visant les enfants de tous les milieux. Les comités d’entreprises se sont développés et ont étendus leur secteur d’activité dans l’organisation des vacances des enfants de leurs salariés.
Dans les années 80-90, le nombre d’enfant accueillis en séjour a commencé à décliner à baisser pour différentes les raisons : montée de l’individualisme, replis de la société sur la structure familiale, croissance du chômage, difficultés financières, diminution des aides sociales…



Les organisateurs de colos se sont adaptés pour répondre aux besoins de consommation des individus, des séjours thématiques avec des activités spécifiques se sont développés, des opérateurs de tourisme privés se sont spécialisés dans la production des colonies de vacances venant parfois concurrencer les associations. Les colos dans la nature à l’ancienne se sont transformées pour laisser place à des colos adaptées à chacun, proposant de multiples activités.
Le secteur associatif a donc dû s’adapter pour continuer à transmettre les valeurs du vivre ensemble au sein des colos. Comme d’autres mouvements d’éducation populaire, c’est ce que nous nous efforçons de faire à Ligue de l’Enseignement de Lot et Garonne. Nous proposons des colonies à thème mais vectrices de mixité sociale, dans lesquelles la vie collective et le respect des individus est au cœur de chaque projet et l’enfant acteur de ses vacances.
Les colos ont une histoire mais elles en créent aussi dans les souvenirs des enfants et des équipes qui les font vivre. Elles sont une mémoire à protéger ! Que seront-elles devenues dans 50, 100 ou 150 ans ? Personne ne le sait, mais ce qui est certain ce que les mouvements défenseurs du vivre ensemble, des droits des enfants et des citoyens adultes, continueront d’en faire des espaces où les valeurs humaines et solidaires seront mises en action, encouragées et respectées.
